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Pourquoi un van

Des heures de vidéos YouTube, l'envie de voyager sans renoncer au travail, et le choix d'aménager le van moi-même plutôt que de l'acheter déjà fini. Premier épisode d'une série sur la vanlife.

Pourquoi un van

Tout a commencé devant des vidéos YouTube.

Des heures à regarder des chaînes de voyage en van, Gregsway en tête de liste.

Le soir, au lieu de scroller sans but, je tombais dans des heures de vidéos de gens qui vivaient sur la route. Aménagements bricolés, paysages qui changent tous les matins, vie au ralenti.

Et cette idée qui tournait en boucle : aujourd’hui, on peut voyager et bosser depuis n’importe où.

Plus besoin de choisir entre les deux.

Ce n’était même pas un rêve lointain. C’était juste une évidence qui attendait d’être prise au sérieux.


Ce n’était pas parti de rien

Le camping, je connaissais déjà.

Gamin, avec mes parents. Plus tard, avec les copains.

Dormir dehors, improviser, vivre avec peu. Ce n’était pas un saut dans l’inconnu total.

Il y avait déjà ce truc en moi : le confort minimal ne me fait pas peur. J’ai grandi avec l’idée qu’on peut très bien vivre avec une tente, un réchaud et pas grand-chose d’autre.

Le van, c’était juste la suite logique. En plus mobile, en plus libre.

Une tente sur roues, en quelque sorte, mais avec un toit qui ne prend pas l’eau et un matelas qu’on ne dégonfle pas chaque matin.


Le déclic : l’aménager moi-même

J’aurais pu acheter un van déjà aménagé. J’ai choisi l’inverse.

Acheter le van brut, et l’aménager moi-même.

Pas parce que j’étais bricoleur. Au contraire.

C’était surtout l’occasion d’apprendre. Découvrir le bricolage en le faisant, sans filet.

Isolation, électricité, menuiserie, tout ce que je ne savais pas faire, je l’ai appris en le ratant d’abord, en recommençant ensuite.

Un truc en plus, presque plus important que le van lui-même à ce moment-là.

Ça a pris beaucoup plus de temps que prévu. Largement plus.

Mais ce qui a rendu le chantier vraiment sympa, c’est que toute la famille a fini par mettre la main à la pâte. Un coup de main sur la découpe, un avis sur l’agencement, quelqu’un qui tient une planche pendant qu’on visse. Ce qui devait être un projet solo est devenu un projet à plusieurs mains.

Il y a aussi eu tous ces choix qu’on croit simples avant de s’y frotter. Où mettre le lit, comment organiser le rangement, faut-il un point d’eau ici ou là. Des décisions super dures à prendre quand on ne connaît pas encore ses vrais besoins, ni ses vraies envies, tant qu’on n’a pas vécu dedans.

On les a faits quand même, en sachant pertinemment que ce ne serait pas parfait. Que certains choix seraient à revoir, à défaire, à refaire différemment plus tard.

Et malgré ça, ou peut-être justement grâce à ça, il y a une vraie satisfaction, un vrai plaisir à se dire qu’on l’a construit nous-mêmes, à notre façon, avec nos erreurs dedans.

C’était avant le Covid, avant que la mode du van explose encore plus qu’aujourd’hui.

On n’était pas dans la vague. On était juste dedans, un peu avant tout le monde.


Le tout premier trajet

Le van à peine terminé, encore un peu bricolé, on a pris la route pour un mois. Direction la Suède, en septembre.

Le programme : quinze jours de woofing, à donner un coup de main à des locaux sur les travaux de rénovation d’une maison. L’idée n’était pas juste de rouler et de visiter, mais de vivre un peu de l’intérieur, de découvrir la vraie vie et la culture locale plutôt que de la regarder passer par la fenêtre.

Puis, quinze jours de ce qu’on pourrait vraiment appeler de la vanlife. Pas de mission, pas de programme fixe, juste voir à quoi ça ressemble concrètement de vivre sur les routes, jour après jour.

Le van n’était pas totalement fini. Certains trucs restaient à finaliser, à améliorer, à retenter. Mais c’est aussi ce qui a pimenté l’aventure. On a appris à le connaître en même temps qu’on apprenait la route.


Ce que le van a fini par devenir

Ce van, aménagé à la main, planche après planche, il nous a emmenés plus loin que je ne l’imaginais au départ.

La Suisse, le Jura, plus tard la Suède, la Norvège.

Des routes, des galères, des nuits improvisées, des paysages qu’on ne voit pas depuis un avion ou un hôtel.

Chacun de ces voyages a sa propre histoire. Certaines belles, d’autres beaucoup moins confortables à raconter.

Je garde ça pour la suite de cette série : les trajets, la routine à bord, le travail en remote depuis un van, les galères mécaniques, et tout ce qui fait qu’on continue ou qu’on arrête.

Pour l’instant, c’est ça le point de départ : des vidéos, un peu de nostalgie de camping, et l’envie d’apprendre à construire quelque chose de mes mains.

La suite, c’est là où ça devient vraiment intéressant.