La dernière ligne droite
La semaine avant Embrun n'a pas ressemblé à ce que j'avais imaginé. Canicule, mauvaises nuits, montre qui lâche. Mais le départ est là.
La dernière ligne droite
La semaine d’affûtage devait être simple.
Moins d’entraînement.
Plus de récupération.
Un corps qui recharge, une tête qui se prépare.
Ça n’a pas vraiment ressemblé à ça.
La canicule s’est installée en début de semaine et n’est pas repartie.
Les nuits ont été courtes.
Agitées.
Le genre de nuits où l’on se réveille plusieurs fois, trop chaud, incapable de retrouver un sommeil profond.
La récupération que j’espérais n’est pas venue.
Impossible de forcer les choses.
Impossible de rattraper ce que le corps refusait d’absorber.
Alors j’ai fait du mieux que je pouvais.
Sur l’ensemble de la semaine, il n’y a eu qu’une seule séance.
Un footing de trente minutes. C’est tout.
Dans d’autres circonstances, ça m’aurait probablement inquiété.
Mais à une semaine d’Embrun, s’acharner dans cette chaleur n’aurait rien changé.
Ce qui devait être fait l’a déjà été.
Et puis il y a eu la montre.
Au milieu de tout ça, ma montre de sport a rendu l’âme.
Pas au meilleur des moments.
J’ai dû en racheter une nouvelle.
Moins de quarante-huit heures avant de partir.
Une montre inconnue, que je n’ai pas encore eu le temps de vraiment configurer.
Un détail, sur le papier.
Mais dans la tête, à quelques jours d’une course comme celle-là, ce genre de détail prend vite plus de place qu’il ne devrait.
Ce n’est pas la semaine de préparation idéale.
Je le sais.
Mais peut-être que la préparation idéale n’existe pas.
Il y a toujours quelque chose.
Un aléa.
Une nuit ratée.
Un imprévu de dernière minute.
Ce qui compte, c’est comment on répond à ces imprévus.
Et là, la réponse a été simple : accepter, ne pas surréagir, et partir quand même.
Embrun est au bout de la route.
La préparation est derrière moi, imparfaite mais réelle.
Le reste, on verra sur place.